Une piste inspirée de la génétique
La génétique médicale, confrontée à l'essor de l'analyse des génomes, s'est appuyée sur un nouveau métier, celui de bio-informaticien. La radiologie pourrait s'en inspirer avec un « data analyste » en imagerie, ou ingénieur médical, de niveau bac +5, par exemple un manipulateur ayant suivi une formation complémentaire de deux ans. Ce professionnel non soignant n'interpréterait pas les examens. Il préparerait les dossiers, utiliserait les logiciels et produirait un rapport, le radiologue conservant l'analyse clinique, la conduite à tenir, la signature et la responsabilité médicale. Dans les CHU, une partie de ce travail de préparation est aujourd'hui assurée par les internes. Ce temps de préparation dédié pourrait aussi contribuer à la qualité, en se rapprochant d'une forme de double lecture.
Du temps pour les patients
Une modélisation théorique, réalisée sur un cabinet fictif équipé d'un scanner, d'une IRM et d'une salle de radiographie, suggère que le temps radiologue pourrait être sensiblement réduit. Le modèle économique d'un tel dispositif reste toutefois à construire. L'objectif est de réinvestir ce temps auprès des patients, par exemple sous la forme d'une consultation d'orientation de parcours pour les dossiers qui le justifient. Ce métier, qui nécessiterait la création de formations dédiées, pourrait émerger dans les prochaines années, et plusieurs sites en France et à l'étranger s'y intéressent. La réflexion s'inscrit dans une ambition plus large : une radiologie clinique, concertée et augmentée, qui valorise le temps humain.
Pour aller plus loin : Séance JFR 2026 - Relation patient-radiologue : une solution organisationnelle et sécuritaire - https://www.jfr.plus/programme-jfr-2026?vod=447b66cf-295f-4e70-b503-1845e1b98591