Scanner, IRM, radiographie : réintroduire le radiologue sans perdre en productivité

Comment permettre au radiologue de consacrer davantage de temps à ses patients dans un contexte de forte activité ? Parmi les pistes organisationnelles envisagées figure la création d'un métier de data analyste en radiologie.
Consultation médicale

La démographie médicale et la hausse de la demande pèsent sur l'organisation des services. Le nombre de prescripteurs par radiologue a environ doublé, passant de 11 à 22 ou 23. Les volumes d'images progressent aussi fortement : un scanner peut produire entre 300 et 10 000 images, et une journée de huit heures dans un service hospitalier en a généré 77 000. Un phénomène parfois qualifié de « data-bésité ».

Une charge qui évolue

L'IA et les nouvelles techniques enrichissent les comptes rendus de mesures, de biomarqueurs et de facteurs pronostiques. La valeur ajoutée de l'examen s'en trouve renforcée, mais le temps nécessaire augmente. Les jeunes radiologues maîtrisent pleinement les outils numériques (RIS, PACS, logiciels de post-traitement), et l'enjeu est de préserver leur temps clinique auprès des patients. Recrutement, intérim, téléradiologie et IA apportent chacun des réponses utiles, mais partielles. D'où l'intérêt d'explorer des solutions organisationnelles complémentaires.

Une piste inspirée de la génétique

La génétique médicale, confrontée à l'essor de l'analyse des génomes, s'est appuyée sur un nouveau métier, celui de bio-informaticien. La radiologie pourrait s'en inspirer avec un « data analyste » en imagerie, ou ingénieur médical, de niveau bac +5, par exemple un manipulateur ayant suivi une formation complémentaire de deux ans. Ce professionnel non soignant n'interpréterait pas les examens. Il préparerait les dossiers, utiliserait les logiciels et produirait un rapport, le radiologue conservant l'analyse clinique, la conduite à tenir, la signature et la responsabilité médicale. Dans les CHU, une partie de ce travail de préparation est aujourd'hui assurée par les internes. Ce temps de préparation dédié pourrait aussi contribuer à la qualité, en se rapprochant d'une forme de double lecture.

Du temps pour les patients

Une modélisation théorique, réalisée sur un cabinet fictif équipé d'un scanner, d'une IRM et d'une salle de radiographie, suggère que le temps radiologue pourrait être sensiblement réduit. Le modèle économique d'un tel dispositif reste toutefois à construire. L'objectif est de réinvestir ce temps auprès des patients, par exemple sous la forme d'une consultation d'orientation de parcours pour les dossiers qui le justifient. Ce métier, qui nécessiterait la création de formations dédiées, pourrait émerger dans les prochaines années, et plusieurs sites en France et à l'étranger s'y intéressent. La réflexion s'inscrit dans une ambition plus large : une radiologie clinique, concertée et augmentée, qui valorise le temps humain.

Pour aller plus loin : Séance JFR 2026 - Relation patient-radiologue : une solution organisationnelle et sécuritaire - https://www.jfr.plus/programme-jfr-2026?vod=447b66cf-295f-4e70-b503-1845e1b98591