Cœur de l’enfant : ce que l’IRM change dans la pratique

La séance, organisée le vendredi 9 octobre à 17 h 45 dans la salle Passy, portait sur l’IRM cardiaque pédiatrique et ses applications pratiques en radiopédiatrie. Quatre thématiques principales ont été abordées : la tétralogie de Fallot, les cardiomyopathies, les tumeurs cardiaques et l’IRM 4D Flow.

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IRM dans la tétralogie de Fallot

La première intervention concernait l’évaluation par IRM de la tétralogie de Fallot, notamment à Montréal, au Canada. Cette cardiopathie congénitale est fréquemment traitée par chirurgie avec mise en place d’un patch transannulaire. Les complications postopératoires comprennent principalement l’insuffisance pulmonaire, les sténoses ou anévrismes des artères pulmonaires, la surcharge volumique du ventricule droit (VD) et les troubles du rythme.

L’IRM cardiaque constitue l’examen de référence pour sélectionner les patients candidats à un remplacement valvulaire pulmonaire, de planifier d’éventuelles ré-interventions chirurgicales ou percutanées, et de rechercher des lésions résiduelles ainsi que des signes de fibrose myocardique.

Cardiomyopathies de l’enfant

La deuxième intervention portait sur les cardiomyopathies pédiatriques, des pathologies rares comprenant notamment les formes hypertrophiques, dilatées, arythmogènes et restrictives, ainsi que la non-compaction myocardique.

L’IRM contribue au dépistage précoce, à la caractérisation tissulaire, à l’évaluation fonctionnelle et à l’établissement du pronostic.

Dans la cardiomyopathie hypertrophique, elle analyse l’épaisseur myocardique, les cryptes, l’obstruction sous-aortique et le rehaussement tardif. Le strain global et segmentaire du ventricule gauche (VG), ainsi que celui de l’oreillette gauche (OG), apportent des informations complémentaires sur le risque cardiovasculaire.

Dans les formes dilatées, l’IRM participe à la recherche étiologique et à l’évaluation pronostique. Les formes arythmogènes nécessitent une analyse morphologique, cinétique et tissulaire approfondie. Le strain atrial et l’analyse des flux contribuent également à l’étude des formes restrictives et de la non-compaction myocardique. Enfin, l’IRM aide à différencier le cœur de l’athlète d’une cardiomyopathie.

Tumeurs cardiaques pédiatriques

La troisième intervention était consacrée aux tumeurs cardiaques de l’enfant, rares et majoritairement bénignes. L’IRM est un examen de référence pour caractériser les masses et orienter le diagnostic. Elle permet de distinguer les pseudo-masses anatomiques, comme la crista terminalis et les thrombus.

Le rhabdomyome, souvent associé à la sclérose tubéreuse de Bourneville, constitue l’une des tumeurs les plus fréquentes. Le fibrome est généralement intramyocardique et peut présenter des calcifications et un rehaussement tardif. Le myxome est habituellement intracavitaire et pédiculé, tandis que le tératome est souvent péricardique.

Les tumeurs malignes, sont très rares notamment les sarcomes et les lymphomes.

IRM 4D Flow

Enfin, la séance a présenté l’IRM 4D Flow, une technique permettant d’analyser les flux sanguins dans les trois dimensions spatiales au cours du temps.

Elle facilite la quantification des insuffisances valvulaires (aortique et pulmonaire), l’évaluation de la perfusion pulmonaire, l’étude de l’anomalie d’Ebstein et la caractérisation des shunts.

hémangiome

IRM cardiaque montrant une lésion de la paroi libre du VG en franc hypersignal T2 avec rehaussement caractéristique d'hémangiome

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Conclusion

Cette séance a mis en évidence le rôle majeur de l’IRM cardiaque dans le diagnostic, le suivi et la prise en charge des pathologies cardio-vasculaires pédiatriques. Les techniques avancées, notamment l’IRM 4D Flow, améliorent l’évaluation fonctionnelle et ouvrent des perspectives prometteuses pour une prise en charge plus précise et personnalisée des enfants.