SIFEM 2026 : Osons repenser les dogmes

Longtemps structurée autour de repères considérés comme intangibles, l’imagerie de la femme est aujourd’hui confrontée à une accélération des connaissances, des technologies et des attentes sociétales. Endométriose, sénologie, oncologie pelvienne ou dépistage personnalisé : autant de domaines où les certitudes d’hier méritent d’être réinterrogées à la lumière des données récentes. À l’heure de l’IRM multiparamétrique et de l’intelligence artificielle, la question n’est plus seulement de mieux voir, mais de mieux décider.

C’est dans cet esprit que le congrès annuel de la SIFEM 2026 se tiendra du 4 au 6 juin 2026 à Montpellier, invitant la communauté à oser repenser les dogmes pour affiner nos stratégies en imagerie de la femme.

Du 4 au 6 juin 2026, le CORUM de Montpellier accueillera le congrès annuel de la SIFEM, placé sous le signe de l’audace : « Osons repenser les dogmes »

Cette nouvelle édition s’inscrit dans une volonté claire : interroger nos certitudes et proposer des repères actualisés en imagerie de la femme.

Remettre en question les dogmes

Dans un contexte d’évolution rapide des connaissances, certaines pratiques méritent d’être réexaminées à la lumière des données récentes. Faut-il revoir nos stratégies en endométriose ? Comment utiliser les classifications comme l’ORADS sans les transformer en automatismes ? Le dépistage doit-il rester cantonné à des bornes d’âge fixes ? Quelle place donner à l’IRM, à l’imagerie injectée, à l’intelligence artificielle ?

Le programme alterne présentations expertes, votes du public et discussions contradictoires. Les sessions consacrées aux faux positifs, aux faux négatifs ou aux « erreurs ordinaires » illustrent cette volonté d’analyse lucide des pratiques. L’objectif n’est pas de remettre en cause pour le principe, mais de confronter l’expérience de terrain aux données scientifiques afin d’affiner nos décisions.

Repartir avec des idées claires

Au-delà du débat, le congrès vise un objectif concret : permettre à chacun de repartir avec des stratégies applicables.

La journée pelvis abordera l’endométriose sous un angle pratique, l’oncologie pelvienne sous forme de pseudo-RCP interactive, le parcours PMA, les urgences pelviennes et la radiologie interventionnelle expliquée pas à pas. Chaque session est pensée en termes décisionnels : quelle stratégie, pour quelle patiente, dans quel contexte ?

La journée sénologie poursuivra cette démarche avec le dépistage personnalisé, la gestion des seins denses, la surveillance après cancer, ou encore l’exploration du creux axillaire. Les retours d’expérience, assumant les zones d’incertitude et les difficultés d’interprétation, participent à cette clarification collective.

Une formation résolument pratique

Les ateliers constituent un temps fort du congrès. Organisés en petits groupes, ils privilégient l’analyse de cas concrets : classifications en duo radiologue-gynécologue, raisonnement en IRM face aux masses myométriales, troubles de la statique, imagerie du sein lactant, angiomammographie ou place de l’imagerie dans les nouveaux traitements oncologiques.

Le format « How do I do it? » prolonge cette approche pragmatique : biopsies sous angiomammographie, macrobiopsie échoguidée, drainage endovaginal d’abcès, mastectomie endoscopique. Des retours d’expérience précis, centrés sur la technique et la décision.

Une interactivité au cœur du programme

Votes en séance, pseudo-RCP, discussions ouvertes, ateliers collaboratifs : l’interactivité est intégrée à l’ensemble du programme. Cette dimension collective correspond à l’esprit de la SIFEM : confronter les points de vue, partager les pratiques et faire évoluer les repères de façon argumentée.

Radiologues, manipulateurs, gynécologues, oncologues, anatomo-pathologistes sont invités à participer à ces trois journées de réflexion et de formation, dans un cadre propice aux échanges scientifiques comme aux discussions informelles.

Une dynamique stimulante : le Data Challenge

La place de l’intelligence artificielle fera l’objet d’un temps spécifique avec un Data Challenge consacré au dépistage mammographique. L’IA peut-elle trier les examens en première lecture ? Remplacer la seconde lecture ? Quels enseignements tirer des retours d’expérience français ? La restitution des résultats et la table ronde associée permettront un échange argumenté entre cliniciens et industriels.

Repenser les dogmes ne signifie pas renier les acquis, mais les revisiter avec exigence. C’est dans cet esprit que la SIFEM 2026 propose de se retrouver à Montpellier pour poursuivre, ensemble, la construction d’une imagerie de la femme toujours plus pertinente.