Le cancer du poumon chez les non-fumeurs : faut-il le dépister ?

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Longtemps considéré comme marginal, le cancer du poumon chez les non-fumeurs représente aujourd’hui un enjeu émergent de santé publique. Face à l’augmentation de son incidence, notamment chez les femmes asiatiques, la question du dépistage par scanner se pose. Cette revue rappelle toutefois qu’entre surdiagnostic, nodules indolents et absence de bénéfice démontré sur la mortalité, une approche prudente et raisonnée reste essentielle.
cancer poumon

Le cancer du poumon chez le non-fumeur (LCINS) n’est plus une anecdote clinique : c’est désormais la 5ème cause de décès par cancer dans le monde, avec une incidence en progression chez les femmes, particulièrement en Asie. Dans ces pays, la question d’élargir le dépistage par scanner à cette population est posée. 

Dans cette mise au point majeure publiée dans Radiology [1], Song et al. sont plus mesurés : attention à la boîte de Pandore !  

Le problème majeur soulevé ici est le risque de surdiagnostic. Chez ces patients non-fumeurs, le scanner détecte majoritairement des adénocarcinomes de très bas grade, se manifestant sous forme de nodules en verre dépoli (GGN) à l’évolution très lente. Les auteurs rapportent des temps de doublement de volume dépassant parfois les 3000 jours (soit plus de 8 ans !), rendant une intervention chirurgicale immédiate souvent disproportionnée. 

Outre le coût et l’anxiété, l’irradiation cumulative liée à la répétition des scanners chez ces sujets jeunes est un potentiel souci, sans bénéfice de mortalité prouvé à ce jour. 

Alors, quelle conduite tenir ? L'article plaide pour un changement radical de mentalité : pour ces lésions indolentes détectées chez le non-fumeur, l'urgence n'est pas d'opérer, mais de surveiller. La « surveillance active » doit devenir le standard, et le dépistage ne devrait s'envisager que via une stratification précise des risques (génétique, exposition radon/pollution) et non de manière opportuniste. 

En résumé : le LCINS est une maladie biologiquement distincte (mutations EGFR/ALK fréquentes) qui nécessite une approche radiologique plus conservatrice que le cancer « classique » du fumeur. 

 

[1] Song, J., Hwang, E. J., Yoon, S. H., Kim, S. Y., Chang, Y. C., & Goo, J. M. (2026). CT Screening Challenges Amid Rising Threat of Lung Cancer in Individuals Who Have Never Smoked. Radiology, 318(1), e251305.