L’usage récréatif du protoxyde d’azote présente une nette augmentation durant ces dernières années, incluant la période de pandémie COVID19 et au-delà. Ce phénomène, aux conséquences neurologiques potentiellement sévères, concerne particulièrement les adolescents / adultes jeunes (médiane d’âge : 20 ans) et constitue un enjeu de santé dans cette population.
Une série rétrospective de 25 cas d’intoxication au protoxyde d’azote récemment publiée par Bruen R et al. dans la revue AJNR (1) décrits les caractéristiques clinico-radiologiques de cette intoxication. Plus précisément, l’atteinte des cordons postérieurs se traduit en imagerie par le signe du « V inversé » sous la forme d’anomalie de signal médullaire en pondération T2, prédominant à l’étage cervical. De plus, ce signe était présent dans 100% des patients de leur cohorte « MRI positive » définie par la présence d’anomalies en IRM avec une symptomatologie évocatrice.
Les auteurs soulignent l’intérêt de l’utilisation de séquences axiales et sagittales en pondération T2 afin d’identifier l’étendue des lésions. Contrairement aux séquences après injection, l’utilisation de pondération STIR permet d’améliorer la sensibilité de détection. A noter que ces anomalies sont rarement identifiées en cas d’exposition chronique (+ 6 mois) et pourraient possiblement correspondre à un œdème aigu transitoire de démyélinisation.
Ainsi, les données IRM combinées aux dosages biologiques (B12, homocystéine/MMA) avec un examen neurologique rigoureux permettent d’établir un diagnostic précis nécessaire à une prise en charge précoce.
Référence :
(1) Bruen R et al. Increased Prevalence of Nitrous Oxide-Induced Subacute Combined Degeneration of the Spinal Cord: Clinical and Imaging Findings. AJNR Am J Neuroradiol. 2026 Feb 3;47(2):513-520. doi: 10.3174/ajnr.A9062. PMID: 41571402; PMCID: PMC12867076.
DeFreitas et al.. Neuroimaging Patterns of Recreational Drug Use in the Emergency Setting. Radiographics. 2026 Feb;46(2):e250046. doi: 10.1148/rg.250046. PMID: 41505284.