Fibroses pulmonaires : un diagnostic à discuter, des résultats à expliquer

La mise à jour des classifications des pneumopathies interstitielles pose une question très pratique : comment employer ces nouveaux repères dans les dossiers du quotidien ? Aux JFR 2026, la séance de la SIT rapproche cette actualité scientifique des attentes du patient et de la prise de décision thérapeutique.

fibrose

La séance de discussion animée par Pr Hilario Nunes, chef de service de pneumologie, Pr Marie-Pierre Revel et Pr Pierre-Yves Brillet, chef de service de radiologie, et Jean Michel Fourrier, président de l’Association Fibroses Pulmonaires France (AFPF).

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La mise à jour des classifications des pneumopathies interstitielles pose une question très pratique : comment employer ces nouveaux repères dans les dossiers du quotidien ? Aux JFR 2026, la séance de la SIT rapproche cette actualité scientifique des attentes du patient et de la prise de décision thérapeutique.

Les changements introduits par la classification ERS/ATS de 2025 sont présentés par Pr P.-Y. Brillet, parmi lesquels la reconnaissance du pattern bronchiolocentré. Ces évolutions précisent la description des atteintes et leur place dans la classification, ainsi que le degré de certitude diagnostique. Cette nouvelle recommandation revient ainsi sur un point essentiel : l’enquête étiologique. Un même pattern peut effectivement se rencontrer dans des contextes cliniques différents. Le compte rendu doit pouvoir distinguer les constatations radiologiques du diagnostic proposé tout en expliquant cette nuance au patient.

Comment présenter ces informations lors des échanges avec le radiologue et le clinicien ? L’intervention de Mr J.-M. Fourrier, atteint de fibrose pulmonaire idiopathique et président d’une association de patients, a évoqué son parcours dans le diagnostic et le suivi de sa pathologie : l’anxiété du premier examen, les difficultés techniques lors de sa réalisation, notamment à l’inspiration profonde, déjà éprouvante au quotidien. Son témoignage souligne l’importance d’un accueil attentif, d’explication pendant l’examen et un accompagnement adapté aux capacités du patient. Une attente concrète se dégage : expliquer clairement la nécessité d’une orientation vers un pneumologue en cas de découverte d’anomalies interstitielles.

Du côté des soignants, la discussion multidisciplinaire offre un cadre pour examiner les hypothèses. Avec l’apport de l’expertise clinique du Pr H. Nunes, l’imagerie est confrontée à l’histoire clinique, aux explorations fonctionnelles et aux éventuels prélèvements histologiques. La conclusion dépend ainsi de la concordance de ces éléments. Lorsque des questions subsistent, un diagnostic de travail peut être retenu et réévalué au cours du suivi.

La préparation de ces discussions est tout aussi importante que leur contenu. Sans antériorités, l’évolution radiologique reste difficile à apprécier. Sans dossier suffisamment documenté, certaines hypothèses ne peuvent être examinées. Et sans conclusion écrite et transmise, l’avis collectif risque de ne pas se traduire dans le parcours du patient.

Les deux dossiers proposés abordent ces difficultés du quotidien à partir d’une atteinte bronchiolocentrée fibrosante chez un patient symptomatique et d’anomalies interstitielles découvertes lors d’un examen de dépistage chez un patient asymptomatique. Ces deux cas ont animé la discussion autour de l’interprétation des images, des explorations complémentaires utiles et des modalités du suivi.

L’intérêt de la séance tient à ce rapprochement entre les connaissances et leur utilisation. La classification aide à formuler le problème ; la concertation permet de préciser la conduite à tenir. L’attention et l’explication données au patient doit lui permettre de comprendre le lien entre les deux.